Jetée dans l'eau celte

Publié le par Lotje_a

Jetée dans l’eau celte.

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Passionnée de la mythologie celte, elle ne s’était jamais doutée que le dieu Mannanan mac Lyr, (assimilé avec le temps et l’océan) l’emporterait un jour dans ce pays mythique qu’elle aimait tant…

 

La force de Dagda, la folie de Morrigane, la sagesse de Lugh, l‘amour de Rosmerta!  Voilà ce qui monte des entrailles de la société irlandaise. Voilà ce que murmurent ces paysages naturels, vieux comme le temps !

Jadis, chez les celtes, les divinités n’étaient pas représentées : car comment représenter le divin, ce qui n’appartient pas au réel, au visible ? Les présentations anthropomorphiques sont apparues sous l’influence des grecs et des romains.

D’ailleurs, il existe une petite anecdote, que j’ai découvert en visitant Delphes en allant visiter ma sœur, qui elle s’était éprise de la mythologie grecque. Les celtes avaient pillés Delphes à une époque, et lorsqu’ils eurent pénétrés les temples anciens, ils ont bien rit devant les sculptures, devant les représentations anthropomorphiques des dieux grecs.

 

Avant, les Irlandais croyaient aux Dieux sous le règne de Nuada peut-être, mais pas certain, car toutes les divinités étaient hors catégories, fors normes ; même s’il y avait certaines affinités. Maintenant, dans l’Irlande où je me trouve actuellement, La majorité de la population est catholique. Je trouve un peu dommage d’avoir perdu cette religion du fabuleux, des dieux, des esprits…

Encore heureux que certains mythes sont connus, ou ont été rapporté sur des saints de la nouvelle religion. Ces légendes qui font tant rêver, tels que Thomas le rimeur, le cercle des fées, ou encore les menhirs de Lagadjar…

 

L’on m’avait dit un jour que j’avais l’esprit voyageur, libre et sauvage à la fois. L’on m’avait dit un jour que « mon sort était entre mes mains », pourtant, comme ma sœur, je n’avais jamais pris en compte la force inconnue qu’est le hasard. J’avais prévu d’aller un jour en Irlande, j’avais prévu d’y rester longtemps, mais jamais je n’aurais cru faire partie moi-même d’une de ces légendes que j’aimais tant.

Là, en ce moment même, je me trouve en ce pays celte, dans cette charmante ville de Galway…

Galway est un lieu où il fait bon vivre : musique, nourriture, boissons… avec un marché tous les samedis et dimanches.

 

C’était un samedi soir, je vis Lugh, le dieu solaire se coucher dans une lumière orangé, et si belle, qui se refléta dans ma chevelure rousse. Je m’habillais rapidement d’un jean et d’un pull en laine afin de faire un tour au pub… J’y allais rejoindre des amis irlandais.

Comme ma sœur, j’aimais les jeux de hasard. Elle aimait plutôt les jeux de dés, et moi, je préférais de loin les fléchettes. Tout en se racontant les faits du jour, et en parlant de quelques légendes quand je posais des questions, mes amis et mois buvions une pinte et jouions aux fléchettes.

C’est vers la fermeture du pub que la situation dérapa. C’est exactement à minuit tapante que je gagnai le jeu de fléchettes, et Mannanan Mac Lyr m’emporta avec lui.

Mannanan Mac Lyr est plus vieux que les Thuatha Dé Dannan dont il est pourtant un membre. Il est le maître des océans. Il est associé avec la fertilité, le temps, la navigation et la magie. Il possède un bateau magique qu’il dirige par la pensée, c’est sur ce navire qu’il m’a amené…

Je gagnai le jeu de hasard, et je fus attirée par des mains féeriques sur un navire inconnu et magique. C’était Mannanan Mac Lyr. il avait besoin de moi à ses côtés, bien que je n’en comprenais pas la raison pour l’instant.

En gagnant, je me retrouvais propulsée dans les temps de l’ancienne Irlande, les temps des croyances celtes, et les temps de la construction de cette magnifique ville : Galway : Gaillimh en irlandais. C’est alors que je découvris que Galway tint son nom de la rivière Corrib qui se dit Gaillimh à l’époque, et encore par les vieux des villages l’entourant parfois…

 

Je ne portais plus mon jean ni pull, mais une robe flottante constitué de soie verte. Je ne portais plus mes baskets, mais des simples chaussures de cuir de l’époque.

J’étais propulsée près d’une rivière : la Gaillimh…

Je ne savais comment me comporter, je ne savais que faire, alors, je me suis dis que “c’était le hasard qui en décidera”.

C’était la nuit, minuit pour être exact ; alors je pris la décision de trouver une petite place où dormir…

Je ne tardais à trouver un peu d’herbe douce, formant un lit où dormir. Bientôt le sommeil gagna la bataille, et je m’endormis l’esprit léger.

 

Ce fut Lugh qui m’éveilla en se pointant en face de moi de sa lumière éclatante. Il éclaira un berger qui se trouvait tout juste de l’autre côté de la rive. Il me contempla.

Je ne sus alors qu’en réalité, ce n’était personne d’autre que  Turlach O Connor, roi du Connacht…

La seule chose dont j’étais bien consciente, c’était le fait d’être vétue d’habits de l’époque. je ne me réalisais point que c’étaient des habits de fées…

 

Je me dirigeai vers lui, le seul être humain que je vis dans cette nature sauvage abondante. Je lui demandai :

« Pourquoi suis-je là ? Quelle tâche dois-je accomplir dans ce monde ? »

Il me regarda intensément, et ne daigna guère à me répondre. Je compris alors qu’il me fallait traverser la rivière à la nage afin de lui parler. il était sans doute hors de portée de voix. En tout cas, je le crus…

Je me jetais à l’eau, je nageais afin de le rejoindre…

J’arrivais enfin à ses côtés, et lui reposai les mêmes questions. Il ne me répondit toujours pas. Je lui demandai alors son nom, là, il me répliqua :

-« Je suis Turlach o Connor !»

Je ne pus m’empêcher de m’exclamer :

-« Quelle joie de vous rencontrer mon roi ! je voulais tant vous voir afin de vous demander comment vous en êtes venu à l’idée de construire un fort à l’embouchure du Gaillimh. 

- Mais de quel fort parlez-vous ma fée de la terre et des eaux ? »

Je ne m’étais pas doutée du fait qu’il ne l’avait encore point fait construire à cette heure-là. Devenue cramoisie à cause de mon erreur, il me contempla encore plus intensément, avant de détourner son regard vers la rivière. Il prononça alors les mots suivants :

-« Je dois dire que vous avez des idées hors du commun ma fée. Mais, pourquoi vous êtes-vous montrée à moi, un simple mortel ?

-je dois dire que je ne sais pas. Je ne sais pas ce que je fais ici. »

Je vis alors qu’il était blessé, et que pour cette raison qu’il s’était refugié près de la source protectrice qu’est la rivière. Je lui en demandai la cause, tout en y ajoutant ce qu’il fit ici tout seul, alors que c’était un roi.

-«  J’ai été trahi, je dois vous l’avouer. Cependant, grâce à Morrigane et Daghda qui m’assistaient certainement, je pus m’échapper, et trouver refuge ici. »

Sur ce, l’émotion devint trop forte, et je laissais errer mes larmes sur mon visage. je m’écroulais par terre ; alors il me soutint. Il me dit :

-«  Il n’y a pas de quoi pleurer ma belle fée, tout roi se fait trahir au moins une fois durant sa vie. J’ai réussi à survivre, alors il n’y a pas de quoi se lamenter ainsi.

- pourquoi me parlez-vous ainsi, mon roi ? Je ne suis qu’une simple paysanne dont on ne tint pas compte, dont on ne demande pas son avis.

-Oh non, vous êtes bien plus : vous êtes une fée. Tout le monde sait qu’il ne faut point s’attirer le courroux d’une fée, car elle est maître de ton destin, alors, je vous traite en tant que ma reine ! »

J’étais tellement touchée par son attitude chevaleresque, et lui soigna sa blessure.

 

Une fois Turlach O Connor guéri, Mannanan Mac Lyr nous rejoignit. Il donna un manuscrit à mon roi tant aimé qu’il dut remettre à ses druides. Il lui apprit également qu’il me laissait à ses côtés, le temps de son règne. Néanmoins, il s’opposa clairement à ce que nous s’unissions. C’était la seule condition de ma vie à ses côtés.

C’est alors que je compris : j’étais le Petite Furie.

Ce dieu irlandais possédait trois épées magiques, dont une appelée Petite Furie. Avec ma chevelure rousse, beaucoup d’hommes crurent que je ne pus contenir ma passion, et m’appelèrent donc Petite Furie. Je n’avais alors fait le lien avec cette épée légendaire. Je sus désormais que j’en étais la réincarnation vivante !

 

Le roi fit construire le fort pour moi, et moi seule. Moi, je restais cachée aux yeux de tous à part de ceux appartenant à ce beau roi…

Il me raconta tant de mythes que mon amour pour cette culture ne cessa de s’accroître. Malheureusement, à la fin de la construction de ce fort, il me prit dans ses bras, et nous nous aimions.

Mannanan mac Lyr devint rouge de colère, et rejoigna sans tarder les lieux. Il nous lança un défit :

Si mon bien-aimé, le roi gagnait au jeu de flécettes contre Lugh, il me permettrait de rester à ses côtés et l’aimer jusqu’à la fin de ses jours avant de me ramener chez moi. Mais sinon… il me ramena sans tarder.

 

La bataille était perdue d’avance. Lugh détenait la lance magique et était un stratège implacable. Lugh arriva peu de temps après. Mannanan Mac Lyr donna 3 fléches, et un arc à chacun des deux adversaires, et montra le but à atteindre : une feuille particulière de l’autre côté du fleuve.

Mon vaillant roi commença, cependant, nous n’avions beaucoup d’espoir. Il rata la feuille, sa flèche retomba dans l’eau. Lugh tira une flèche, dans le mille. Et ainsi de suite, trois fois.

Je pleurais, en laissant derrière moi, mon roi désespéré. Epona tenta de le dissuader, de me laisser au moins le temps de dire au revoir à l’amour de ma vie, mais il fut sans pitié. il me ramena chez moi sur son bateau naviguant le temps.

Mon roi perdit au jeu, et… me voilà à nouveau de retour parmi les miens, des siècles et des siècles plus tard. Je me retrouvais dans le pub, en larmes, là où j’avais joué aux fléchettes…

 

Lorsque je voulais conter mon aventure, je me retins, me souvenant des paroles de ma sœur :

-«  Si un jour tu te retrouve propulsé dans le monde des mythes, n’en dit rien à tes amis, ils ne te croiront guère. »

Je me retins donc, gardant toute cette histoire au fond de mon cœur. Ma sœur avait raison :

-« Sur cette situation totalement imprévue qui me fut arrivé, j’hésite toutefois à apposer le nom, le beau nom grave du “hasard”. C’était un phénomène si complet, si inconnu, si imprévisible que j’en ai presque honte de prétendre en pouvoir parler. Je ne savais pas que le hasard avait la force de me ramener dans des périodes si anciennes, si fantastiques…”

 

Le lendemain, je marchais le long de la rivière, jusqu’à ce lieu où j’avais rencontré le roi de mon cœur…

Turlach O Connor ! Oh que faites-vous si loin de moi ? Je vous aime de tout mon coeur! Ô temps, suspend ton vol, et ôte moi ce malheur. Mannanan Mac Lyr, ramène-moi dans ces temps tant aimé, aux côtés de cet homme tant chéri, tant aimé ! Vous me devez bien cela non ? C’est à cause de vous, ou grâce à vous que je l’ai rencontré !

C’est alors qu’Epona vint me rejoindre dans ce lieu tragique, et me fit voyager à travers l’Irlande à la recherche de mon âme sœur.

 

Publié dans Nouvelles

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A


J'adore les contes celtiques il permet un beau voyage intersidérale... merci pour cette belle lecture


Arlette



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L


merci pour ce beau compliment!


Ceci fera en plus partie de mes textes concernant les voyages, mais je le poursuivrais qu'en ayant fini la Grèce. je vous promets néanmoins d'en faire d'autres concernant les mythes celtes avec
divers villes irlandaises.


Bisous



F


ta plume aussi est jolie et en forme Lotjéa mais attention de ne pas faire trop long;, tu peux faire des éisode


Bonne soirée



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L


C'est vrai, mais puisque je ne suis plus aussi souvent sur mon blog qu'avant, j'ai préféré le metter en entier ;)


Bisous