L'inconnue

Publié le par Lotje_a

L’inconnue (suite Le Hasard)

 

Entrainée dans un tourbillon de mystères, elle n’attendit qu’une chose : que dame Fortune vint à son secours et la remit en présence de son seul et unique amour… Une inconnue viendra-t-elle lui éclairer le chemin à suivre?

 

Voilà six mois que j’habite avec cette pensée : être toujours seule, abandonnée de tous… Non, c’est faux : je suis toujours en présence de l’ingrate et froide dame Solitude ; et n’oublions point l’ignoble dame Tristesse… être toujours glacée en leur présence, toujours courbée sous leur poids.

Autrefois ; - car l’évènement fortuit me semble récent et ancien à la fois – autrefois, j’étais une jeune femme insouciante comme tant d’autres. Chaque jour, chaque heure, chaque minute avait son idée à soi. Mon esprit, jeune et riche, était rempli par la mythologie grecque. Il s’amusait à me promener dans ces temps anciens.. il s’amusait à me montrer des décors tragiques sans ordre et sans fin, brodant d’innombrables, et inépuisables arabesques cette rude et mince étoffe qu’est la vie.

Un jour, je vois se dérouler sous mes yeux la transformation des sept Pléïades, filles d’Atlas en étoiles. Elles se nomment Electre, Maïa, Stérope, Taygète, Mérope, Alcyone et Céléno. Divers héros et Dieux ont tenté de conquérir leur cœur, et ont échoués face à ces sept merveilles. Puis, elles se sont métamorphosés en étoiles suite au décès de leur père, ou comme certains le prétendent pour fuir la constance amoureuse d’Orion.

Un autre jour, je contemple en vision la destinée d’Orion, d’Hercule, d’Orphée, d’Ulysse, de Daphné, et tant d’autres encore…

C’étaient toujours des scènes héroïques dans mon imagination. Je pouvais laisser vagabonder mon esprit en toute liberté, même lorsque j’étais captive de ces vilaines émotions que sont la solitude et la tristesse.

Pourtant, réflexion faite, n’avais-je pas toujours été captive avant tout de cette mythologie ?

 

            Jean de la Fontaine a évoqué dans son œuvre La Jeune Veuve que : « Sur les ailes du Temps, la tristesse s’envole. »

Pendant près de six mois, j’ai tenté de suivre cette stratégie décrite par ce célèbre écrivain…

            A présent, impatiente d’oublier cette tragique aventure d’amour, cet amour intemporel que je portais en mon cœur, le souvenir de cet homme; je me lançais à la découverte de Delphes où ma sœur Faith me rejoindrait plus tard.

            Delphes, la ville appelée primitivement Pytho, lieu où le Dieu de la beauté et de la divination, Apollon avait établi son oracle…

            La légende dit qu’Apollon lui-même aurait fondé le sanctuaire de Delphes après avoir construit le temple de Délos. Le sanctuaire était alors gardé par un serpent nommé « Python », fils de Gaïa (la Terre) et gardien d’un oracle consacré à cette sainte Terre. Apollon, désireux d’établir un oracle pour guider les hommes, tua Python avec son arc et s’appropria l’oracle…

L’oracle…

Nietsche énonça dans ses Considérations inactuelles que : « Le verdict du passé est toujours le verdict d’un oracle. Vous ne le comprendrez que si vous êtes les architectes de l’avenir, les connaisseurs du présent. »

            L’oracle du dieu de la beauté et de la divination…

            Je sentis au plus profond de moi qu’il fallait absolument que je me rende à Delphes afin de comprendre au mieux ma situation. Afin de tenter de retrouver l’amour de ma vie !

 

Je pris mes bagages et me rendit directement sur ce fabuleux site archéologique, et mythique. Une fois arrivée sur place, je déposai avec hâte mes valises dans ma chambre d’hôtel, puis m’élançai à la visite de ce fameux sanctuaire…

J’errais dans les rues de Delphes à la recherche de l’oubli, à la recherche de cet amour éternel que j’avais égaré dans l’Antiquité. Mais, le peuple Grec ne croyait plus assez aux Dieux anciens, pour qu’ils aient la force de faire ce qu’il fallait pour que je puisse retrouver mon Leandros tant aimé…

J’y découvris quelques librairies intéressantes qui racontèrent les mythes d’Apollon à Delphes. Ces librairies m’apprirent que la légende d’Apollon et Daphné était de loin le plus célèbre, néanmoins, elle ne découla que de l’oracle pris par Apollon des griffes du Python.

En contemplant les livres dans une librairie, je découvris un homme. Il avait la même haute et imposante stature que mon fiancé jadis. Si je n’étais pas sûre et certaine que Leandros vivait dans une époque lointaine, c'est-à-dire, l’époque du grand savant Socrate… j’aurais juré que c’était lui.

Il était grand, musclé… je ne pus voir la couleur de ses yeux, ni son regard perçant; mais il avait quelque chose en moi qui me fis penser à un fauve…

            Je devais penser à autre chose, alors je retournais sur mes pas. Je rentrais à l’hôtel, et me mis à lire les informations que j’avais récoltés à l’office de tourisme concernant Delphes.

 

Le sanctuaire de Delphes, en effet, est « oraculaire » : la parole du dieu y est transmise aux hommes par l'intermédiaire de la Pythie, dont la tradition antique fait une jeune vierge inculte, installée sur un trépied placé dans une fosse oraculaire, l'adyton, juste au-dessus d'une fissure d'où les Anciens pensaient qu'émanaient des vapeurs toxiques ; la Pythie tient une branche de laurier (l'arbre du dieu Apollon) et une « phiale », récipient plat dépourvu d'anses, servant aux libations).

La consultation de l'oracle était au départ annuel : elle avait lieu le sept du mois Byzios (février-mars), jour de la fête d'Apollon. Elle se fit ensuite le sept de chaque mois durant la période de neuf mois où Apollon était censé occuper le site : ce jour fut nommé polyphthoos (« jour des multiples questions »).

Des rites précédaient la consultation : ils étaient accomplis en fonction de la prophétesse et requéraient la présence de deux prêtres. Ces derniers exerçaient leur charge à vie et étaient secondés par cinq hosioi qui maintenaient le culte, et deux prophètes.

Un de ces derniers assistait la Pythie, notamment en traduisant ses paroles afin que l’oracle rendu soit compréhensible. Les réponses du dieu étaient transmises en prose, et en vers sous forme d’hexamètres.

Dans le détail, on ignore si la Pythie était visible, aucun témoignage digne de confiance n'étant explicite sur la question. La tradition la plus courante rapporte cependant que la Pythie aurait été cachée par un voile et que le consultant ne pouvait la voir.

 

Lassée par ma lecture, vu que mes pensées continuèrent d’aller vers cet amour lointain, je me dirigeai vers ma fenêtre. C’est alors, dans la pénombre que je vis une femme, vêtue de vêtements de l’époque de l’Antiquité… mais de habits qui étaient devenus presque des loques. Vraisemblablement, elle ne sut pas trop où elle allait, et elle était mal au point. Je sortis de ma chambre, descendis les marches d’escaliers dans une hâte… et courus dans la rue la rejoindre…

Lorsque j’arrivais enfin à ses côtés, elle succomba à la fatigue, et s’évanouit dans mes bras. J’appelais à l’aide, je hurlais, je criais jusqu’à ce que quelqu’un m’entende, et m’aida à la porter jusqu’à chez le médecin le plus près.

À nouveau ce fut cet étranger qui m’aida, et je vis enfin son regard perçant, ses yeux dorés… et c’est alors que je sus: Leandros c’était réincarné. Malheureusement, son esprit ne semblait point se souvenir de moi. Mon cœur fut brisé par cette découverte. Cependant, j’avais d’autres affaires à gérer, comme aider cette femme évanouie dans mes bras.

Nous l’amenions chez un médecin présent dans l’hôtel. C’était un petit homme trapu, mais très savant dans l’art de guérir les cas les plus extrêmes. Il avait des joues creux, de fines lèvres, le nez fin, et une paire de lunettes cachant des yeux bizarres… Il ne m’inspirait guère confiance, d’où j’attendais dans la salle d’attente la fin de la visite médicale de cette étrangère. Et durant la longue attente, je commençai à me poser des questions…

Qui était-elle? Que fit-elle là? Pourquoi était elle vêtue comme les textes anciens nous décrivent les Pythies? Pourquoi le Hasard l’avait mis sur ma route, ou était-ce Apollon? Que devais-je comprendre?

Décidément, je n’y comprenais plus rien de rien.

 

Qu’avait dit déjà Baudelaire des Les Fleurs du Mal? “Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu’importe? Au fond de l’inconnu pour trouver du nouveau.”

Dame Fortune m’aurait-elle donc envoyé une inconnue pour me guider dans ma recherche de l’être tant aimé, afin de m’apporter les informations tant convoitées?

 

 

 

Publié dans Nouvelles

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P


J'ai parcouru ton blog et je les trouvé passionnant superbe, d'une très grande richesse et de découverte fabuleuse, je suis autoditacte sans niveau scolaire à cause d'une enfance douloureuse
j'apprend maintenant en prennant des cours comme tu le voie je ne sais pas mettre les virgules excuse moi ! mais ton blog restera pour moi une source de connaissance et je sent que je vais me
regaler d'apprendre alors un grand merci à toi


perle d'eau



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L


Merci beaucoup pour l'éloge dont tu me fais part ainsi. Je suis heureuse de constater que mon blog puisse aider des personnes à trouver des informations utiles et pour leur culture et pour
l'apprentissage de la langue française.


Bien à toi


Lotje a