le 8 janvier 2010

Publié le par Lotje_a

Couplelove

Ma très chère Marie,

 

Ce n'est guère une blague que je vous écris. Pourtant, je t'en saurais gré de garder tout ceci secret: je t'en supplie même! Quoique... un jour ou l'autre, le monde devra reconnaître notre existence. Espérons alors que cela ne se passera pas comme à l'époque... les bûchers... Bref, je ne t'en dis pas plus long, j'ai encore tant de choses à te dire avant d'en arriver là...

Le crépuscule enveloppait la ville de l'amour, cette ville de romances qu'est Paris, lorsque je passais devant ce lieu culte de la musique: l'opéra... Je restais dans l'ombre, cachée aux yeux de tous, mais bien visible pour ses yeux d'une verdure sans pareille!

Lorsqu'enfin il arriva, la nuit noire, il vint vers moi et me demanda d'une voix rauque:

- "Vous êtes-vous perdue, gente demoiselle?

- Nullement, beua chevalier, je vous attendais.

- C'est que vous faites erreur alors.

- Nullement encore une fois. Je suis seule au monde, et je sais - veuillez me pardonner mon manque de retenue - que vous êtes ma destinée.

- Voulez-vous donc une destinée sombre et sans fin?

- Rester à vos côtés, ensembles à tout jamais, c'est tout ce qui compte à mes yeux."

Sur quoi, il me reprit dans ses bras. Il voulut pourtant me repousser sans jamais y parvenir. Dans son regard, je lus une violence inouie. L'espoir et le déespoir traversaient son visage. Il était perdu dans les tourments de son âme...

Je fermis les yeux, frémis à l'idée de ce qu'il pourrait arriver à l'insu de son combat intérieur... Je sentis qu'il éprouvait des sentiments pour moi, mais qu'en même temps, il ne voulait point me faire souffrir. Néanmoins, moi, tout ce que je voulais était de rester à ses côtés... Rester à ses côtés jusqu'à la fin de ma vie, rester à ses côtés jusqu'à la fin de mes jours...

Après quelques minutes, je rouvris mes yeux, et vis qu'il n'était plus là. J'avais senti un vague froissement de ses habits contre les miens, pourtant, je n'ai pas voulu croire au fait qu'il s'était volatilisé une nouvelle fois. Je ne voulais pas croire que j'étais toute seule à nouveau; je ne voulais pas croire...

A nouveau, je me mettais à courir afin de fuire, la réalité d'être laissée pour compte: toute seule dans la grande, énorme, gigantesque, immense ville de Paris... Je ne faisais pas attention à là où j'allais, et bientôt, au plus haut de ma stupeur, je découvris que j'étais dans les bas fonds de Paris. C'est un de ces quartiers sensibles pour lequel mon père et ton époux m'avaient tant prévenu!

C'est alors que je ralentissais afin de faire un peu plus gaffe à ce que je fis; sentir si j'étais suivie ou non... et ... non, on ne me suivais pas. Cependant, au carrefour prochain, trois hommes sortaient d'une taverne. Ils venaient d'être jetés à la rue par le patron. C'est peu dire qu'ils étaient en colère, et que par la suite, ils se décidèrent de se venger sur moi...

Ils me suivaient, je me remis à courir... J'arrivais même à atteindre l'opéra, désert à cette heure-là. C'est alors qu'ils me ratrappèrent, qu'ils me jetèrent par terre... Ils ne tardèrent guère à déchirer mon corsage, à relever mes jupons. L'un d'eux demanda aux autres de bien vouloir me tenir par tere, et commença à déboutonner son pantalon. Là, j'eus une peur bleue, j'eus la trouille de ma vie. En voyant son sexe se rapprocher de mon entrejambe, de mon intimité; je commençais à hurler, à me débattre... Cependant, je sus très bien au fond de moi que je ne pouvais rien faire: j'étais bien trop faible pour résister à la force de trois hommes.

Je fermais encore une fois les yeux. Je craignais la suite des évènements, ce qu'il pourrait m'arriver...

Je ne cessais de me battre, de jeter mes bras et mes jambes dans n'importe quel sens afin d'essayer de faire du mal aux hommes qui me tenaient par terre... C'est alors que tout d'un coup, je sentis une sorte de voile recouvrir le ciel; une sorte d'ange descendre...

J'ouvris mes yeux, et vis mon fée sombre descendre du ciel, vêtu de noir et un cape rouge. Son visage était transformé de rage! C'est alors que je tombais dans l'inconscience.

Tout doucement, je repris conscience. Mon fée était penchée sur moi: il m'avait sauvé!

T'imagines-tu, Marie? C'est un véritable fée qui m'a sauvé de ces criminels, de ces voyous...
Sur ce, je dois te laisser ma très chère, mais je te promets de te réécrire bientôt!

 

Bien à toi,

 

Caroline

Publié dans lettres

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